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Depuis la signature du traité d'Utrecht qui met fin à la guerre de Succession d'Espagne (1701-1714) au mois d'avril 1713, les Pays-Bas méridionaux (grosso modo la Belgique actuelle à l'exception de la Principauté de Liège) sont sous domination autrichienne. 

Cette région composées de onze États  (Brabant, Flandre, Hainaut, Namur, Luxembourg, Limbourg, Gueldre, Malines, Tournai, Tournaisis et West-Flandre), va connaitre une période de prospérité et de paix sans précédant à partir de 1749 suite à l'occupation française lors de la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748).

Joseph II

En 1780, le nouvel Empereur du Saint-Empire romain germanique et Archiduc d'Autriche Jospeh II monte sur le trône. Comme ses prédécesseurs avant lui, il effectue une Joyeuse Entrée dans les Pays-Bas autrichiens. Ces cérémonies sont une sorte de présentation des nouveaux souverains aux villes, qui donnaient lieu à des réjouissances et des fêtes. Les nouveaux souverains devaient prêter le serment de respecter la coutume de la ville. Ces fêtes se traduisaient par un parcours bien précis dans la ville, où toutes les corporations de métier, tous les organes administratifs, devaient se mettre en spectacle. Il est à noter que cette tradition existe toujours en Belgique lorsqu'un nouveau monarque accède au trône.

L'empereur qui avait créé à Vienne un Bureau Belge pour gérer la tutelle de la Maison d'Autriche sur la Belgique, menait dans ce pays, comme dans les autres provinces du Saint-Empire, une politique de réformes démocratiques profondes. Adepte du fébronianisme (théorie visant à limiter l'influence directe du Pape en favorisant une Eglise catholique nationale dans le Saint-Empire), il imposa ses volontés personnelles dans les affaires intérieures de l'Église. Par ailleurs, il publia de nombreux édits pour réformer le droit et l'administration dans le but de renforcer le pouvoir de l'État. Ces lois furent reçues avec réticence par le peuple et l'Église tandis que la bourgeoisie y vit une atteinte à la démocratie locale et à ses droits civils. Á partir de 1787, un mouvement de protestation général contre la domination de la Maison d'Autriche apparait. Ces prostestations sont temporairement appaisées par quelques concessions du pouvoir impérial. En janvier 1789, les États du Brabant et du Hainaut refusèrent de payer l'impôt impérial suite à quoi l'empereur les fait occuper militairement à partir du moi de juin de la même année.van der Noot

Deux groupes disctincts dans leurs revandications mais unis face à l'adversaire menèrent la résistance face à l'Autriche:

  • les conservateurs menés par Henri van der Noot qui appartenait à l'une des plus anciennes familles bruxelloises. De par son métier d'avocat, il connaissait extrêmement bien les privilèges du Brabant et de Bruxelles. Défenseur de la tradition, du régionalisme, il avait l’appui du clergé, des métiers, des Serments et du peuple.
  • Vonckles progressistes dont le leader est Jean-François Vonck qui était favorable aux idées des philosophes français. Il restait cependant très attaché à la Joyeuse Entrée, aux privilèges des Etats, de la noblesse, du clergé. Il voyait dans le monarque un logicien trop abstrait et un étranger dont il convenait de se défier. Ses partisans comprenaient quelques nobles, des négociants, des avocats, des officiers et un petit nombre de prêtres.

Près de la ville frontalière néerlandaise de Bréda l'armée de volontaires rassemblés par Vonck et van der Noot et commandée par l'ancien colonel autrichien Jean Van der Mersch (qui reçoit pour la campagne le grade de lieutenant-général) dépasse les 3000 hommes et Bruxelles se soulève à son tour. La situation s'améliore pour les révolutionnaires puisque la majorité des troupes autrichiennes présente sont composées de soldat belges qui désertent en masse.

Le 24 octobre, l'armée franchi la frontière entre les Provinces-Unies et les Pays-Bas autrichien, évènement qui marque le début de la Révoluttion brabançonne.

Le 27 octobre 1789 à lieu la Bataille de Turhnout, lors de laquelle les révolutionnaires, aidés par la population locale, défont les Autrichiens pourtant supérieur en nombre. La nouvelle de cette victoire se propage dans le pays ce qui accroit encore plus la résistance face au pouvoir autrichien.

États belgiques unis en 1790

Le 16 novembre, la ville de Gand tombe aux mains des Belges après quatres jours de combat et cinq jours plus tard, Mons est capturées par les forces révolutionnaires

 

revolutionnaire turnhout

Pendant le mois de décembre, l'armée autrichienne en pleine déroute se replie vers la ville fortifiée de Luxembourg laissant ainsi le reste des Pays-Bas aux armées brabançonnes. Van der Noot entre dans Bruxelles le 18 en s'attribuant tous le mérite de la révolution ce qui de facto évince Vonck et ses partisans du pouvoir  et le 20, les États du Brabant notifient aux autres Provinces, la déchéance de Joseph II sur leur duchéet leur propose de conclure un traité d'union dans les meilleurs délais. Le comté de Namur, la seigneurie de Malines et le Tournaisis répondent rapidement tandis que les États de Hainaut seuls semblèrent hésiter avant d'entrer dans la future confédération.

Finalement les assemblées provinciales nomment leurs députés. C'est ainsi que 54 députés se retrouvent aux états généraux pour préparer le texte du traité d'union

La réunion des états généraux est fixée au . Après une messe à Sainte-Gudule, les députés, représentants les assemblées provinciales se réunissent dans la chambre des États de Brabant. Ils adoptent la proposition de traité avec une majorité de 56 voix sur 90.

L'acte d'union est ratifié le 20 janvier 1790 par tous les états à l'exception de ceux du Limbourg qui le fera le 25 mars et du Luxembourg sur lequel l'autorité impériale est toujours intacte.

Van der Mersch

cocardeLe 20 février, l'Empereur Joseph décède et son frère Pierre-Léopold lui succède sous le nom de Léopold II et s'attele directement à organiser la contre-attaque.

Les États belgiques unis en proie à des problèmes économiques, aux luttes de pouvoirs intestines et à un manque de soutien international sont séverements battu le 22 septembre 1790 lors de la bataille de Falmagne (privée du Général Van der Mersh, trop vonckiste aux yeux du pouvoir et privée de vivres, d'armes et de munitions, les armées révolutionnaire ne peuvent opposer la moindre résistance à l'Empereur) et réinstaure peu après son autorités sur les Pays-Bas. Léopold en profite aussi pour diriger ses armées vers la Principauté de Liège en proie à une révolution idéologiquement proche de la Révolution française.

Ironie de l'Histoire, c'est dans un village qui n'a pas connu la Révolution brabançonne qu'a été fondée la compagnie des volontaires réunis (à l'époque Ham-sur-Heure appartenait à la Principauté de Liège).